Pour l'instant, ce n'est rien d'extraordinaire. Pour l'instant, ce n'est qu'une somme de souvenirs au goût de sable. Pour l'instant, elle est sur viméo mais pour mes prochaines, ce sera sur youtube.
Car oui il y en aura d'autres, beaucoup d'autres car bientôt je vais de nouveau être en possession d'un appareil (et d'un bon!) - je crois que je ne perdrai plus de temps pour réaliser tout ce qu'il y a dans ma tête et mes carnets, tout ce que j'ai eu la frustration de ne pas faire pendant des mois. Yes !
"Viens voir les comédiens..." chantonne la bande annonce, en faisant défiler les portraits animés des plus grands acteurs français, ou du moins une bonne poignée de grands, grands comédiens. Il était donc évident que j'allai claquer mon dernier argent de poche, sacrifier un paquet de cigarettes et un repas pour aller voir ce film.
J'ai bien fait.
Comment vous dire... comment exprimer... je suis 12 heures après la projection et je trouve à peine les mots - imaginez mon état en sortant de la salle... En vérité j'avais alors tous les mots, l'exaltation et surtout, surtout cette phrase : " C'est ça que je veux faire ! " Une révélation, donc - encore une.
Cela fait plusieurs semaines que je tente d'écrire ici et que je n'y arrive plus parce pas le temps, parce que trop de mots et plus assez de phrases... et je me trouve de nouveau face à cette difficulté - sauf que je veux vraiment écrire sur ce film. Alors je vais recopier ce que j'ai écrit hier soir en rentrant du cinéma, les yeux encore brillants et la tête encore pleine de rêves.
" Je sors du film Vous n'avez encore rien vu, d'Alain Resnais avec une myriade d'acteurs tous plus géniaux les uns que les autres : Mathieu Amalric, Pierre Arditi, Sabine Azema, Michel Piccoli et plusieurs autres... dans leurs propres rôles, mais aussi dans ceux d'Eurydice, d'Orphée, de Mathias l'amant malheureux, de la Mort, des parents...
C'est la pièce, la vraie tragédie - mais avec tout ce que le cinéma peut offrir de plus. Avec une petite histoire par dessus ou par dessous, une histoire de "vraie" vie un peu farfelue mais très jolie... dans un château étrange. Avec des lieux imaginaires, les lieux de la pièce presque vides et rarement nets, comme un rêve et c'est un rêve.
J'ai ri. J'ai pleuré. J'ai jouis de cette histoire, de ce récit que nous racontent les acteurs - les acteurs... c'était comme au théâtre. Ils nous offraient le cadeau de cette pièce, de ce récit intemporel mais pas tant représenté... ça aurait été Antigone ou Hamlet, ça aurait raté. Mais non, ce fut Orphée et Eurydice et ce fut bien.
Le seul bémol, sans doute, c'était la fin. Un peu trop longue, trop multiple surtout, comme si Resnais avait eu plusieurs idées et qu'il n'avait pu se résoudre à choisir.
Mais à part ça tout est beau, mesuré... non, juste. Du beau théâtre... non, du bon théâtre et du beau cinéma. Merci.
Je vais revoir ce film, en DVD. Je le reverrai encore et encore pour vivre, pour comprendre, pour jouir encore. Comme ce livre qu'on lit d'une traite et qu'on s'empresse de recommencer parce qu'on s'y est attaché, parce qu'il est devenu un ami et parce qu'on sait que plus on le connaîtra, plus on l'aimera.
Voilà, merci encore. "
N'allez pas voir les extraits. Ne regardez que la bande annonce. Et allez-y, allez voir ce film et je jure que vous ne le regretterez pas.
Pendant les vacances, j'ai eu la télévision... et j'ai écouté funradio. Il m'a semblé alors (pardon) que j'étais incroyablement intelligente... mais surtout qu'on nous prenait pour des cons. La plupart du temps. Alors je vais m'insurger sur deux ou trois émissions qui m'ont consternée...
LE JT DE 20H
Je vais faire de la pub et passer pour une intello, mais je suis habituée à France Inter et Le Monde pour savoir ce qu'il se passe dans le monde. Eloignée de ces repères scolaires, je m'installe devant le poste, impatiente de savoir ce qu'il se passe. Après avoir passé cinq longues minutes sur la rencontre Hollande-Merkel, j'apprends rapidement que la guerre continue en Syrie. Rapidement, mais avec quelques images bien choquantes, bien crues, histoire qu'on imprime bien. Mais évidemment, aucune explication sur le déroulement politique du conflit, sur l'évolution de la situation... S'ensuit une interview d'un homme frappé par des salafistes (où on se dit simplement et comme malgré soi que les musulmans -pas seulement les extremistes- sont intolérants et violents). Et enfin, un entretien de trois minutes avec une actrice pour la promo du dernier film à la mode.
Bon, on ne peut pas demander à un JT ce qu'on demande à France Culture, mais... la manipulation par l'image est tellement plus facile que par la lecture ou par l'écoute, et je n'ai pu m'empêcher d'être affligée par la simplification des informations que l'on nous transmet... " Il ne faut pas prendre les gens pour des cons, mais ne pas oublier qu'ils le sont ! " semble être la devise du journal télévisé. Pourtant je ne veux pas être cynique, et croire que les gens (espèce variée et pourtant parfois indifférente) seraient capables de comprendre tout ce qu'il se passe économiquement, politiquement et artistiquement dans ce monde si on prenait la peine de leur expliquer vraiment, et ce sans pour autant leur brandir des images choquantes, avec des zooms sur les blessures des civils d'Alep...
LA PETITE EMISSION AVANT LE TELEFILM DU SOIR
"En famille", "Les voisins"... nouvelles petites séries sur le modèle de "Scènes de ménage" mais qui ne sont vraiment pas du même niveau, comme toutes les imitations. Aujourd'hui, j'ai vu un épisode où la fille, Chloé, fait croire à sa mère qu'elle est lesbienne afin d'obtenir un week-end au camping avec son amoureux. Stratagème pour le moins amusant, c'est la réaction de la mère qui m'a agacée... celle-ci, pensant sa fille homosexuelle, s'est mis à avoir les larmes aux yeux, bredouillant (je vous jure) : " Tu choisis le chemin que tu veux, l'autoroute ou le petit sentier... qui mène droit dans le mur... "
Mais l'épisode se termine bien, Chloé fait sa demande de camping et la mère, soulagée, accepte tout.
Alors... je veux bien que ces petites imitations d'un buzz possèdent un humour modéré, composé de blagues faciles et de gros clichés... mais là, quand même, c'est ne pas aider la mentalité à évoluer. C'est ce que je reproche à la télévision, toujours en retard, toujours ancrée dans ses petits mécanismes...
Oh, et puis autres SECRET STORY, LES ANGES DE LA TELEREALITE... où la connerie (pardon) est en fait un facteur rassurant : n'importe qui se sent intelligent quand une fille annonce avec le plus grand sérieux face à la caméra : " Je l'ai envoyé bouler comme un poids chiche. "
Qu'on se comprenne bien : je sais que la tv, c'est la culture populaire et que la culture populaire, ce n'est pas une émission de deux heures sur la vision politique de Clemenceau au début du XXe siècle... mais je sais que c'est possible d'apprendre, d'apprendre réellement des choses aux gens par la télévision.
KAAMELOTT
J'y reviens encore et toujours, mais ce n'est pas pour rien ! Astier a réussi à imposer à M6 (quand même !) une série à l'humour décapant basé sur les jeux de mots et les expériences quotidiennes des gens, certes pas autour d'une table ronde mais autour d'une longue table de réunion ou encore derrière un bureau. Kaamelott, c'est aussi une interrogation sur la vie, particulièrement les dernières saisons : l'histoire d'un mec qui se retrouve, sans rien avoir demandé à personne, affublé d'une mission, d'un destin, d'une vie qu'il essaye de mener à bien autant que possible. Et qui échoue... révélant ainsi les angoisses chroniques présentes en chacun de nous. Preuve donc que la télé, la télé populaire (pas Arte) est capable de grandes choses !
J'IRAI DORMIR CHEZ VOUS, DES TRAINS PAS COMME LES AUTRES, NUS ET CULOTTES...
Des émissions de voyage pas comme les autres, parce qu'elles donnent une image la plus réaliste possible du monde entier. Elles ont la volonté de montrer au spectateur la vérité, chose rare sur le petit écran. Elles y arrivent plus ou moins bien... mais nous apprenne des modes de vie, des cultures, des pays... là on cherche à faire évoluer les gens, à leur faire comprendre que d'autres pensées et manières de vivre existent, sans pour autant vouloir arriver chez nous et nous prendre tout notre travail !
La télévision, c'est peut-être finalement comme la fnac : le pire, le meilleur, mais certainement pas tout. Allez donc jeter une oreille à France Inter pour commencer, à Radio Classique pour continuer et même, oui même à France Culture. Mais attention, un petit NCIS de temps en temps, et même un Plus Belle La Vie... pour remonter l'estime de soi et détendre le cerveau, c'est toujours très efficace. Et on va pas non plus culpabiliser de pouvoir se poser dans un canapé et ne penser à rien pendant quelques heures !
Ce film là, je l'attendais. Pour comprendre pourquoi il n'avait rien obtenu à Cannes, car il me semblait que tout, dans ce film, était fait pour ce festival. Et puis, avec mon obsession de l'image parfaite, si parfaite qu'elle évince l'histoire, que le scénario n'a plus vraiment d'importance, il me semblait que j'allai être servie avec Holy Motors. Et effectivement.
En fait, il y a une histoire. M. Oscar est quelqu'un qui se déguise pour le compte d'une agence. Il entre dans sa limousine blanche, lit le dossier qui lui est confié, se déguise en conséquence et sort jouer son rôle pendant quelques heures. Puis il retourne dans la limousine, et se déguise pour le dossier suivant... et ainsi de suite sans fin, jamais.
Selon certains de mes amis qui ont vu ce film avec moi, le rôle de M. Oscar (et de ses collègues, car il est loin d'être seul) est d'apporter de l'absurdité au monde. Pour moi, je n'ai pas cherché de raison à ce métier. Je me suis tout d'abord dis que ce film parlait des acteurs, du métier d'acteur. Un acteur joue en permanence un autre rôle et n'est jamais lui-même. Et à l'instar de la vie tragique de M. Oscar, la vie d'acteur m'a alors semblé désespérée et vide de sens.
Mais après, l'évidence est apparue... c'est notre vie qui peut être vide de sens. Ne jouons-nous pas nous-même un rôle ? Et ne pouvons-nous pas être joué ? Il suffirait de connaître notre passé et nos proches... et n'importe qui pourrait nous remplacer.
Revenons au film. Outre le message (pour moi) extrêmement pessimiste qu'il transmet, il est habité d'une très jolie poésie, d'un bon et fin sens de l'humour, de grands moments de joie aussi, et surtout de personnages fabuleux. Fabuleux de fables (j'ai toujours trouvé ce genre de jeux de mot pédant à l'écrit). L'utilisation de la musique et surtout du silence est excellente, et l'esthétique, bien que pour moi pas assez poussée, est sombre et étrange.
Deux petits bémols cependant : Kylie Minog a un jeu plat et décevant ; les dialogues sont un peu prévisibles.
Je ne sais toujours pas pourquoi Holy Motors n'a rien obtenu à Cannes.
Il me semble qu'il est beaucoup plus facile de savoir pourquoi on fait de la musique, et pourquoi on veut en faire, que pourquoi on veut faire du cinéma et du théâtre. Il faut dire que j'ai une pratique musicale plus importante... et finalement ce n'est peut-être qu'au bout d'un certain nombre d'année qu'on comprend pourquoi on a des passions.
Oui, et peut-être que c'est ce qui définit le mieux la passion. Ne dit-on pas de l'amour qu'il a ses raisons que la raison ne connaît pas ? Eh bien, j'aime le théâtre et le cinéma pour des raisons inconnue de la raison. La raison, par ailleurs, n'a rien à voir la dedans. La raison c'est ce qu'on donne à l'extérieur, pour faire semblant, pour faire comme si on maîtrisait ses rêves et ses envies.
Pourquoi voudrait-on faire du cinéma ? Ce n'est pas comme la peinture, la sculpture, l'écriture - autant de moyens d'expressions, d'extérioriser tout ce qui est à l'intérieur de nous et qui bouillonne. Mais le théâtre et le cinéma, c'est pas tout seul. On travaille avec des gens. On travaille oui, au meilleur sens du terme. Mais on se valorise aussi. Le cinéma est un art à la mode - dire "je fais du cinéma", aujourd'hui, est bien plus valorisant que "je suis écrivain" ou "je fais du théâtre". C'est fini ça, c'est passé, on a déjà tout vu et revu. Je persiste et signerai toujours : non, on a pas tout vu. Si l'écriture est en passe de ne devenir qu'une bouillie commerciale (en Europe du moins), le théâtre a encore, et pour toujours, énormément de choses à nous dire. Et le cinéma, j'en parle pas. Le cinéma c'est merveilleux parce que ça peut tout être, dans les extrêmes les plus délirants. Et en même temps c'est l'un des arts les plus contraignants au niveau du fric.
Quand j'entends Alexandre Astier dire qu'il "ne parle pas boulot en dehors du boulot", ça me choque. Si je faisais du cinéma, je ne pourrai penser à rien d'autre ou presque. Ce ne serait pas une contrainte, ça serait la recherche permanente, effrayante, de ce qui va toucher, ébranler, faire changer des gens. Les gens, en voilà une drôle d'espèce... tantôt je l'aime, tantôt je la hais, cette masse de congénères, cette masse d'individuels. Qu'ils m'intriguent... qu'ils me fascinent... et comme j'aimerai leur montrer, à ceux qui disent qu'ils "ne sont pas artistes" avec un haussement d'épaule déçu (je la vois leur honte, ils ont honte de n'avoir pas su sentir, de n'avoir pas su voir, alors que tout le monde peu) - j'aimerai leur montrer ce que moi je vois, ce que d'autres ont vu, et j'aimerai qu'ils comprennent.
Ce que j'adore, c'est que plus j'avance dans l'art (noble voie), plus j'ai de révélations. Ca fait maintenant deux ans que les électrochocs se succèdent, parfois avec quelques mois d'intervalles, parfois seulement une semaine, parfois quelques heures ! Lire Peter Brook puis voir Lorenzaccio... mise en scène de la Comédie Française par Franco Zeffirelli. Avec, ô révélation doucereuse et fantastique, Francis Huster dans le rôle le plus incompréhensible (avec Don Juan) du théâtre français. Je dis incompréhensible parce que cette pièce fait partie du lot "à voir avant de lire mais à connaître avant de voir". Parce que cette pièce est complexe, riche, et que cette mise en scène (malgré quelques côtés un peu vieillots) met parfaitement en valeur tous les aspects de cet incroyable récit. D'autres en parlerons mieux que moi, et j'attendrai mon niveau bac+5 (et encore) pour analyser vraiment.
En fait je voulais parler des révélations. Chacune d'elle aboutit à l'ajout d'un maître, ou d'une direction. Il y a les vieux maîtres, ceux qui datent de l'enfance et sont simplement un héritage. Et puis il y a les nouveaux. Qui peuvent rester longtemps ou n'être qu'une passade. Sfar (on l'aura compris) est un maître. Comme Astier, comme Anderson, comme Baudelaire et comme Cyrano (celui qui est imaginaire). En revanche, Gainsbourg n'est pas un maître. C'est un frère imaginaire, un double, un diable, l'amour, l'orgueil et l'angoisse.
Alors que Sfar c'est vraiment une personne qui m'en apprend chaque jour un peu plus. Brook est en passe d'en devenir un aussi, même si je ne connais encore pas bien son travail - quand je le lis en tout cas, j'ai l'impression que ma pensée s'accélère, que mon point de vue sur le théâtre évolue deux fois plus vite. C'est fantastique, c'est comme quand on est enfant, qu'on se demande comment fonctionne l'univers. Un jour on ouvre Le monde de Sophie et en un bouquin, notre pensée a poursuivit deux mille ans de réflexions.
Finalement j'arrive pas à écrire sur les révélations. Y a peut-être pas tellement de choses à dire (on m'a appris qu'il ne fallait pas écrire "dire"), à part que c'est merveilleux. Qu'il m'en reste encore tellement à ressentir. Oui, tout ce qu'on pourrait écrire à propos des révélations, c'est à quel point c'est fantastique, cette sensation de choc, d'émotion profonde. L'envie qu'on a d'en parler à tout le monde, de leur crier " Mais regardez comme c'est formidable !" Et puis finalement le désir jaloux de la garder pour soi, de l'afficher dans son cerveau à côté des autres, et de pouvoir, bien tranquillement, quand on a rien d'autre à faire que penser, la regarder, la contempler, cette révélation qui nous a tant apporté.
Et comme je ne manque pas d'orgueil, j'espère un jour provoquer des révélations. Ca serait chouette, super chouette.
Mais en écrivant d'aussi gros pâtés désordonnés, je sais pas si ça va être possible.
Hier soir, enfin ! Je me rendais au théâtre éphémère de la Comédie Française pour y voir le fameux vaudeville de Feydeau, dont j'avais tellement entendu parlé, notamment au Masque et la Plume où, quand ils s'y mettent, les critiques ne tarissent plus d'éloge pour la pièce, celle qu'ils ont élu "meilleure de l'année".
J'adore le théâtre éphémère, j'adore la Comédie Française et ses comédiens, par contre Feydeau, j'adore moins. Alors voilà, c'était drôle, pleins de rebondissements, avec un jeu excellent - on était au théâtre, au "vrai" théâtre, celui de l'imaginaire collectif (je viens d'associer vrai et imaginaire et ainsi de nombreuses et stupides réflexions philosophiques viennent peupler mon esprit). C'est pourquoi j'ai eu l'impression que cette pièce aurait pu être jouée à l'identique ou presque il y a soixante-dix-ans. Et ça m'a déçue.
Aujourd'hui le théâtre, même à la Comédie Française et peut-être surtout à la Comédie Française, pourrait se permettre d'aller chercher un peu plus loin. Pour Amphitryon, par exemple, sans aller dans l'expérimentation, le metteur en scène Jacques Vincey s'est amusé avec un décor machiné moderne et des costumes extravagants qui renouvelaient la pièce.
Mais dans Un fil à la patte, les costumes et les décors sont d'époque (oui, enfin presque). Le rideau s'ouvre, se ferme entre chaque acte. Les gags se suivent et se ressemblent. A un seul moment, et par le seul comédien (dont je deviens fan, il est aussi magnifique dans Amphitryon : Christian Hecq, le clerc ci-dessus et récompensé d'un Molière pour son rôle dans cette pièce) ayant ajouté du grotesque et du drôle à son personnage, le théâtre est mis en abîme, et la scène se retrouve brusquement en contact avec le public. Mais c'est tout ! Et ça m'a déçue.
Peut-être que j'en demande beaucoup, mais il me semble qu'aujourd'hui on peut faire bien plus et bien mieux au théâtre, après toutes ces années. Quand je lis Peter Brook et puis que je regarde cette pièce, j'ai l'impression que rien a été fait. En forçant un peu le trait, c'est comme lire du Camus et du Sartre... et puis lire un Marc Levy : on se dit que tout ça n'a servi à rien.
Peut-être aussi que je ne vais pas au bon endroit pour ce que je recherche. Et puis, le divertissement n'est-il pas aussi une mission du théâtre et du roman ? Sans doute; je crois cependant qu'il n'y a pas que cela, et que si on croit au théâtre, on ne peut pas se contenter du vaudeville respecté à la lettre.
Ca ne m'empêchera pas de retourner dans les salles de la Comédie Française à la rentrée car pour rien au monde je ne manquerai Antigone, Dom Juan et surtout, surtout, Cyrano de Bergerac.