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"Il ne faut pas juger les gens sur leurs fréquentations. Juda avait des amis irréprochables." VERLAINE*
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samedi 30 juin 2012

Tournage #3

Troisième journée de tournage, après plusieurs mois de suspension et de frustration. Mais enfin, nous arrivons à nous procurer une caméra, un costume, du temps. Encore une fois, j'ai du faire l'actrice, et encore une fois je me suis dit que diriger, être derrière la caméra, c'était bien mieux.

Tout d'abord parce que c'est plus rassurant. Mon amie, lorsque nous tournions la scène, savait si on allait devoir la refaire, si l'atmosphère et mon jeu convenait. Elle avait le film devant elle, elle observait, comprenait, contrôlait. 
Mais moi... perdue devant l'objectif, ne sachant que faire. Ou plutôt si, bien sûr, je savais exactement où je devais marcher, à quelle vitesse. Cependant je ne pouvais pas savoir si c'était bien, je ne pouvais pas comprendre et encore moins contrôler la scène. J'ignorais si on allait devoir la refaire ou pas. J'ai senti un vide - le même que l'on ressent parfois au théâtre mais en beaucoup plus angoissant parce que le public est là pour nous dire si oui ou non, on est bon. Cette fois je ne pouvais même pas regarder la seule qui pouvait me dire si c'était bien ou pas. 

Peut-être que c'est une grande partie de la profession d'acteur : être dans le vide, devant le vide. Et avec tout ce vide, se concentrer au maximum pour créer une atmosphère, une histoire, une émotion. Peut-être que c'est ça. 

Dans ce cas je ne suis pas bonne actrice, et je vais dès que possible me retrancher derrière mon papier, on ordi ou ma caméra. Là il n'y a pas de vide, seulement de la place pour déverser tout ce qu'on a à l'intérieur de soi. 



Parfois je me fais pitié parce que j'écris toutes ces grandes phrases qui au final ne forment que quatre tout minuscules paragraphes; parce que j'essaye de construire une réflexion à partir d'expériences infimes; parce que j'utilise un peu trop le rythme ternaire afin de faire comme si je savais écrire. 

jeudi 23 février 2012

Court métrage #2

Je crois que cette série ne sera pas la plus lue, pourtant elle me tient vraiment à coeur. Leck mich am Arsch, das ist nicht wichtig.

Jour de tournage 1 : 


Le soleil brille, il est neuf heure et nous nous rendons à Arcueil, dans une grande maison. Dans l'histoire, c'est celle d'un vieil homme mystérieux. Dans la vraie vie, c'est celle des grands parents de Pauline, amie qui co-réalise, co-joue, co-filme, co-tout.
Première étape, tout ranger, aménager. Pour un premier film, QUELLE IDEE de le situer il y a cinquante ans ! Il s'agit de cacher tout ce qui peut indiquer que nous sommes en 2012, et ça va jusqu'aux parapluies dans l'entrée, jusqu'au paillasson.
Deuxième étape : se costumer (merci aux placards et au grenier qui regorgent de secrets), se maquiller.
Et enfin, tourner.

C'est là que les galères commencent vraiment. Parce que je suis une imbécile et que je n'ai plus de batteries, et qu'on doit prendre un petit appareil photo numérique (mais j'suis quand même plutôt soulagée du résultat). Le micro qui ne peut pas être branché. Et surtout, le fait de n'être en tout et pour tout que deux. Deux qui jouent ET filment en même temps. Ca peut être la classe, ça peut aussi occasionner un ratage complet. Bref, y a de la VDM dans l'air.
Le soir, scène de nuit. On doit fumer. Fumer sans autorisation dans une pièce pleine de livres, et impossibilité d'ouvrir la fenêtre pendant les prises... Pire ? Les allumettes se cassent toutes. Voilà, VDM.
On finit par s'en sortir plus ou moins. Il reste une scène à faire, ce sera pour demain.

Jour de tournage 2 : 


Il pleut. Il est dix heure. Tout est prêt, tout nous attend. Et la caméra n'a de nouveau plus de batterie, et les allumettes ne se décident pas encore à coopérer. On rigole même plus, la fatigue est là, je sais pas comment font ceux qui tournent tous les jours - la drogue est la seule solution.
Nous, c'est le Poulain.
Et là, c'est le miracle, tout s'enchaîne. Pauline trouve une boîte d'allumettes, la batterie est rechargée, on tourne !
Une prise. La scène qui nous posait le plus de problèmes la veille est réussite en une seule petite prise. C'est beau.

Alors voilà, malgré tout je voudrais faire cela toute ma vie. Dans vingt ans, me souvenir en riant de l'époque où je filmais avec un appareil photo.


(en parlant de photo, j'en mettrai certainement bientôt de toute cette aventure et peut-être même des vidéos, si vous êtes gentils et vous lisez bien tout ces articles)