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"Il ne faut pas juger les gens sur leurs fréquentations. Juda avait des amis irréprochables." VERLAINE*

mercredi 26 décembre 2012

Edward Hopper au Grand Palais.

Enfin ! Enfin je l'ai vue, cette exposition dont on m'a mille fois vanté les mérites ! Enfin j'ai vu Nighthawks, Conférence Nocturne, Sun Empty Room et bien d'autres. Enfin.

Bien construite, l'exposition suit simplement l'ordre chronologique de la création des tableaux. Ainsi on découvre le travail de jeunesse de Hopper, dont quelques toiles parisiennes qui ne m'ont personnellement pas particulièrement enthousiasmée. En revanche les gravures m'ont beaucoup touchées car on y voyait déjà les premiers thèmes de Hopper : la solitude, la campagne américaine... une force puissante se dégage déjà de ses oeuvres. Mais en avançant encore on comprend que le peintre n'était pas satisfait et qu'il a ajouté la couleur. 



Summertime, où le soleil tape aussi fort que ces après-midis d'été, je veux dire les vrais.


La couleur, chez lui, est si... réelle, je veux dire qu'elle a cette puissance d'un rayon de soleil qui vous ébloui -  ce qu'un appareil photo n'arrive même pas à capturer, Hopper le rend avec une fidélité incroyable. C'est pourquoi se retrouver devant les originaux était bien plus bouleversant que de feuilleter le grand livre à la maison. Autant parfois la réalité nous déçoit (comme avec La Joconde... frustration d'enfance jamais vraiment digérée), autant cette fois-ci plusieurs toiles ont été un vrai moment de bonheur et d'émotion, surtout  House by the railroad, devant laquelle je me suis arrêtée longuement. 



Toute cette émotion a été rendu possible par l'absence de foule (entité que je redoute si souvent et particulièrement cette fois-là). Est-ce par ce que je m'y suis rendue le 24 décembre ? Toujours est-il que l'on pouvait contempler librement tout ce qu'on voulait, et ça c'était chouette. La mise en espace était très pertinente, les tableaux pouvaient "respirer" à l'aise et nous aussi. La lumière utilisée mettait particulièrement les tableaux en valeur SAUF... 

Sauf Nighthawks ! Située à la fin de l'exposition, l'oeuvre subie tous les défauts possibles : reflets de gens, de vitre et surtout, horreur ! Du lumineux panneau vert "sortie". 
Autre petite déception mais ça, personne n'y est pour rien : il n'y avait pas L'ouvreuse, mon préféré sans doute parce qu'il "parle" de théâtre, de femme et de solitude. Peut-être que je le trouverai un jour. 

Si c'est encore possible, il faut courir voir cette exposition, elle est vraiment fabuleuse. Vraiment.


mardi 25 décembre 2012

Le journal d'Anne Franck, Eric Emmanuel Schmidt

Lorsque j'en ai entendu parler il y a quelques mois, je ne pensais pas aller voir cette pièce. Tout d'abord parce qu'il me paraissait difficile de réaliser une bonne adaptation de ce livre qui m'avait à la fois touchée, fait rire, ennuyée un peu aussi (on tourne parfois en rond en même temps qu'Anne, enfermée et cachée pendant deux ans avec les mêmes personnes). Il y avait Francis Huster, c'est vrai, mais les extraits que j'avais visionnée de sa dernière pièce m'avaient conduit à croire qu'il n'était plus le même acteur qu'il y a trente ans, qu'il n'avait plus le même talent que lorsqu'il jouait Lorenzaccio (voir cet article enflammé). Bon, et puis les prix restaient hors de la portée de mon porte-monnaie. Mais par hasard, on m'a proposée une place à vingt euros avec en prime rencontre avec la jeune fille interprétant Anne Franck, dont on m'avait dit le plus grand bien.

Voilà donc ce qui m'a motivée : une rencontre avec Roxane Duran (dont j'ai appris par la suite qu'elle avait 19 ans et que son premier rôle avait été dans Le Ruban Blanc de Haneke...tranquille !) et un tarif réduit. 

Quelle ne fut donc pas ma surprise de découvrir qu'il s'agissait d'une bonne adaptation, originale parce qu'adoptant un point de vue particulier (celui du père joué par Huster qui revient des camps et découvre le journal de sa fille) et parce que drôle (vraiment très drôle) et en même temps pesant, suivant le livre tout en ajoutant des passages bien écris et émouvants. 



Bon, tout ne marche pas parfaitement. Le début surtout. Gestes faux, voix affectées, temps long et l'on se demande si ça va véritablement être comme ça pendant deux heures. Mais une fois l'histoire lancée, une fois que tous les personnages sont enfermés dans l'Annexe, alors la pièce commence véritablement et on se laisse entraîner dans l'histoire d'Anne Franck. L'utilisation de la musique participe énormément à l'aspect léger qui régulièrement contrebalance l'atmosphère confinée et pesante de la guerre et de la peur. Du jazz, des tubes américains de l'époque, rien d'emphatique ni de cliché, sans pour autant que ça soit anachronique. De la même façon les personnages sont vivants tout en ne prenant jamais d'attitudes décalées par rapport aux années 1940. Petit bémol cependant pour le décor... peut-être qu'il était trop précis, qu'il y avait trop d'accessoires mais c'est mon côté "môdââirne" qui s'agite. 



Et Francis Huster alors ? Eh bien, il est bon ! Fatigué peut-être un peu, mais ça allait avec le personnage. Il est petit ! Il sourit peu, mais bien. Bref, je n'ai pas eu un autre regard que celui de la groupie ce soir-là, c'est ainsi. 

Et Roxane Duran alors ? Elle aussi elle est bien, même excellente. Surtout, elle nous l'a expliqué ensuite, pour quelqu'un qui vient du cinéma où l'énergie à fournir est très différente. Pour parler jeune, elle m'a "foutu le seum". Et la rage en même temps. L'état dans lequel je me suis trouvée après avoir parlé avec elle était celui, exacerbé, qui me hante depuis quelques semaines. L'hésitation entre les projets, les énergies à fournir. L'hésitation entre certains sacrifices, entre l'envie de se laisser aller et la nécessité de bosser. Cette même hésitation qui m'a poussée à écrire ici ce matin alors que je suis censée faire de l'histoire pour cet institut dont je ne sais plus si je l'aime ou le hais, Sciences Po. 



A voir alors ? Si vous avez 36 euros, oui. Sinon tant pis, regardez Le Ruban Blanc et le DVD de Lorenzaccio par la Comédie Française. Enfin, lisez Le journal d'Anne Franck. Parce que bon, hein, quand même.

samedi 22 décembre 2012

DES TAS DE CHOSES A DIRE.

J'ai retrouvé Joann Sfar sur Télérama, même si c'est plus comme avant. J'ai vu Le journal d'Anne Franck, écrit et mis en scène par Eric Emmanuel Schmidt (rien que ça) avec Francis Huster (le "petit" nouveau dans ma cérémonie des Oscars personnelle), j'ai rencontré Roxane Duran qui joue Anne et ça a provoqué des tas de réflexions dans mon petit cerveau. J'ai vu des courts métrages superbes dont j'aimerai dire deux mots. J'ai tourné aussi. Et je retourne ce matin, mais pour autre chose.

Je travaille plus trop, mais je vis et faudra bien que je l'écrive un peu ici. En attendant... des photos. Encore !




jeudi 20 décembre 2012

Lettre à Depardieu.

Cher Gérard Depardieu,

Votre nom est dans ma description sur ce blog. Ca peut ne pas vouloir dire grand chose, mais en réalité ça signifie qu'avant, vous faisiez partie de ma personnalité, ou du moins de sa construction. Pour moi vous êtes un peu Obélix quand j'avais dix ans, ou encore Mammuth quand j'en avais quinze. Mais vous êtes surtout Cyrano, dans la première interprétation de cette tirade géniale, de cette pièce incroyable qui demeure la seule que j'ai lue avant de voir, la seule que j'ai lue avec tant de plaisir alors que j'avais 8 ans. Vous êtes arrivé dans mon tiroir à références au même moment que Gabin, et d'ailleurs c'est vrai que beaucoup vous ont comparé à lui. 

Mais Gabin il serait pas parti. 

Il faut comprendre la place que vous aviez dans ce tiroir à références, ce tiroir à rêves, à modèles... à pères. Oui, vous faisiez partie de mes pères imaginaires, mes pères de substitution, ceux que je dessine quand ça va pas et que j'imagine me consoler quand il fait trop noir la nuit. 

Mais vous partez. 

Et vous quittez également ce tiroir, vous passez à celui du cynisme. Je m'invente un regret, c'est vrai, je m'invente une tristesse. Mais c'est comme ça, j'ai l'impression de vous avoir perdu. Et je pense que je suis pas la seule, et je pense que vous allez me manquer. 

Romane G.




mercredi 19 décembre 2012

Soleil, Italie, glace - anachronique.

Hier soir je suis allée voir le concert de Noël de Radio France. C'était chouette. Mais je veux pas écrire sur ça. Je veux écrire sur ce retour en RER durant lequel il y a eu un tout petit minuscule évènement qui m'a donné envie de... eh bien de tout ce qu'il y a dans le titre. Il y avait une dame, assise à côté de moi, qui sentait la citronnelle. Dans son sac il y avait des draps blancs, qui sentaient la citronnelle. Il était 23h, ça puait la pisse et la fatigue et d'un seul coup, la citronnelle.

Il y a cinq ans, peut-être moins, je suis partie en Italie. Et dans ma chambre il y avait des draps blanc, et une petite bassine pour se laver la figure, avec une petite serviette en coton blanc pour s'essuyer. Je m'étais crue dans le Hussard sur le toit et je m'étais amusée à me laver comme dans la première scène de ce film (référence, référence, quand tu nous tient, cette image est de plus introuvable sur internet, faut regarder le film en entier et lire le roman tant qu'on y est).

Alors j'étais dans le RER et je me rappelais tout ça, et puis après j'ai eu dans le coeur du Paolo Conte, et des envies de soleil mais pas le soleil pâle de l'hiver (très beau en soi, qu'on ne se méprenne pas). Non je voulais le gros soleil bien jaune de l'Italie en été, quand on se promène à Rome et qu'on en peux plus, qu'on a les pieds pleins de poussière et qu'on s'assoit à l'ombre d'une petite église pour déguster une glace. Voilà, j'ai envie de Paolo Conte, mais je retourne aux lumières rouges et vertes, à la nuit dès 17h et à mes maths.


samedi 15 décembre 2012

Nouveau.

Enfin nouveau, j'en sais rien. En tout cas c'est la deuxième fois qu'un de mes projets vidéo est suffisamment abouti pour que je le mette en ligne. D'ici un mois, j'espère pouvoir en mettre un autre et ce sera un vrai court-métrage, un truc qui a été écrit en une nuit et qui est devenu voix, corps, nourriture, image et son. On était d'ailleurs censé le tourner hier soir, mais contretemps. Du coup j'ai fini celui-là. 

Je l'ai revue ce matin en la mettant en ligne, juste après avoir appris ce qu'il s'était passé à Newtown. Et ce qu'il y a dans cette vidéo, c'est finalement peut-être tout ce qu'il se passe dans ma tête à chaque fois que je découvre que l'humanité c'est pas trop trop ça. J'sais pas.  


(par contre la qualité est catastrophique je suis dégoûtée)


dimanche 2 décembre 2012

Lonely Woman.


Racine par la racine, Serge Bourhis

Attention ! Pour une fois je vais être positive sur une pièce, c'est très exceptionnel ! Non pas que je sois un public difficile, c'est juste que d'habitude ici je ne parle que de ce que je n'aime pas. Mais là, je crois qu'il faut que je me force un peu, ils le méritent.

Le charme vient tout d'abord du lieu. Juste derrière Beaubourg, le théâtre Essaion est minuscule et très bien caché - par conséquent c'est avec un immense bonheur qu'on finit par le trouver : ouf, on ne sera pas en retard... ! Tout en pierre de taille, c'est à la fois un cabaret et un théâtre. La salle est sans doute la plus petite que j'ai vue et cela lui confère un charme irrésistible.

Donc premières conditions parfaites... mais rappelons-nous de Dom Juan (et je ressasserai sans cesse cette déception...) ! C'est avec un enthousiasme curieux que je me prépare à regarder (oui, c'est une préparation qui nécessite d'être parfaitement installé et si possible d'avoir le coeur battant). Cette curiosité était en réalité plus proche du scepticisme amusé : me faire aimer Racine, il y allait avoir du boulot... mon dernier souvenir de ce tragédien remontait à l'année dernière, j'avais voulu lire Bérénice et je m'étais ennuyée !... Mais je ne sais pourquoi, j'ai su tout de suite que j'allais pouvoir faire confiance aux comédiens et à la pièce, que ça allait marcher.



Oui dès le début, dès le premier tableau, on sait. On sait que c'est bon, juste. Les effets de mise en scène sont tous réussis bien que réalisés avec trois fois rien. Les blagues sont bien tournées, et les vers de Racine s'élèvent soudain comme si leur véritable nature m'apparaissait enfin. Ce qui fut très beau de la part des comédiens, c'est la facilité qu'ils avaient (surtout une comédienne, Caroline Hartpence) de passer du comique au tragique. Et pas au tragique dramatique, non le vrai tragique avec la fatalité qui écrase les personnages et les rend si beaux. Oui, on a rit et pleuré ce soir-là.



Je reviens sur Caroline Hartpence. Son jeu m'a intriguée. Elle est incontestablement douée. Et lors du dernier tableau, alors qu'elle joue Phèdre dans la célèbre pièce éponyme, alors qu'elle murmure ces mots si puissants: 


" Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue; 
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue; 
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler;
Je sentis tout mon corps et transir, et brûler..."


Des larmes se mettent à couler 
sur ses joues, de vraies belles larmes et elle tremble et c'est vraiment Phèdre qui est là. 




Et en même temps, je n'ai pu m'empêcher de me demander si c'était vraiment ce qu'il fallait faire... pleurer autant ! En faire autant, vraiment c'est ça le théâtre, la tragédie ? 


Bon après je me suis renseignée, elle a fait Acting International et le cours Florent, tu m'étonnes qu'elle sache pleurer. 

C'était émouvant. Peut-être que tant que c'est émouvant, il n'y a pas de reproche à faire aux artifices utilisés pour y parvenir ? Et puis c'était bien écrit et bien mis en scène. Que demander de plus, à part qu'ils jouent au théâtre éphémère et que les Français aillent un peu jouer dans un caveau pour voir ce que ça fait... hum, l'amertume n'est jamais utile, pardon. 




Courez-y, ô vous mes trois lecteurs ! 




dimanche 25 novembre 2012

Il faut que je me choisisse des icônes disponibles...

Il a disparu. Avant j'étais habituée, il postait une fois par mois un article qui tape bien sur son blog. J'arrivais à survivre. Mais avec le Journal de Merde sur le site de Télérama, je me suis faite au rythme d'une publication quotidienne. Tous les jours, j'avais ma dose de Sfar, un peu comme une drogue. Là, plus rien. Plus rien depuis une semaine, et il finit son journal en nous promettant Klezmer 5. Menteur... dès qu'il se met à écrire des histoires il est en retard.

Du coup j'ai plus ma dose de poésie et de moquerie en même temps. Plus de cynisme, de désespérance sur la connerie et plus de joie enfantine. Plus de jolies filles et de créatures biscornues.

Il faut que je me choisisse des icônes disponibles... oui, des idoles disponibles, j'avais envie de faire le jeu de mot. Mais c'est vrai : Renaud éponge son foi et son coeur meurtris dans le sud, Fersen se ballade en Bretagne en pensant à un nouvel album, Beauvoir, Gabin et Gainsbourg sont morts et Sfar se fait la malle au fond de son atelier, comme Larcenet. Comme j'suis jeune et en S, j'ai encore besoin d'eux pour rêver mais eux ils ont pas tellement besoin de moi. Du coup ils s'en foutent un petit peu.
Pis j'veux pas faire ma grand-mère mais avec l'hiver qui se pointe, le chemin jusqu'au vacances risque d'être joyeux.

Bon je me tais, et je mets des photos pour me faire pardonner. Elles ont bien un an et demi, mais je les aime beaucoup parce qu'elles ont été faites en totale improvisation, un après-midi de beau temps.







mardi 30 octobre 2012

Dom Juan, Jean-Pierre Vincent, Comédie Française.

Titre sec pour pièce sèche. Ou plutôt pour mise en scène sèche, ce pauvre Molière n'a rien demandé à personne. J'annonce donc le ton, je n'ai pas aimé cette mise en scène. 

Tout avait bien commencé pourtant : Dom Juan, c'est la référence ultime de Molière, une de ses pièces les plus complexes, l'une de ses pièces les plus virulentes aussi et surtout l'une des plus subtiles. Ce soir là j'étais pleine d'espoir et de rêve, me disant qu'enfin j'allais apprécier un spectacle au théâtre éphémère - édifice impressionnant, dans la nuit bleutée derrière les colonnes de Buren... oui, tout portait à croire que j'allais passer une bonne soirée. 

La déception fut rapide. Le rideau s'ouvre. Sganarelle, imposant, s'avance avec des pages et le bon Gusman.    En y repensant, dès cet instant il y avait un défaut, le défaut qui perdure ensuite pendant presque trois heures : trop lent. Mais sur le moment, je n'ai pas reçu le signal, j'étais encore dans l'illusion (erreur humaine bien courante...). Et puis ce fut la première réplique, la tirade du tabac. Tirade difficile à jouer, difficile à comprendre mais drôle, provocante, et finalement pertinente (Molière quoi) - eh bien là ce fut... plat. Désespérément plat. 

Patiente, je me dis que bon, tant pis, c'est vrai qu'elle est pas facile cette tirade, attendons la suite - attendons Don Juan, et puis ça arrive qu'on ne soit pas convaincu tout de suite, ça arrive souvent même... 

Arrive Don Juan. Il a un costume tout bien jaune (pour faire l'or brodé comme c'est écrit exactement dans le texte), une perruque qui ne lui va extraordinairement pas, mais Loïc Corbery est bon, ça se voit ! Pourtant, pourtant quelque chose ne va pas. Je ne comprend pas immédiatement et ne peut qu'assister, bien triste, à la fameuse tirade de l'inconstance qui était l'une de mes préférées de tout ce que je connais du théâtre et qui en cet instant est plate, désespérément plate. Je me renfonçai alors dans mon siège en regrettant d'être venue, en maudissant mon siège en milieu de rangée, mais avec encore l'espoir et la persévérance de voir s'effectuer un déclic, une accélération, quelque chose ! Mais non, platitude, désespérée platitude. 


Il y avait tout de même un élément intéressant que je souhaiterais souligner : les décors. Splendides ! Originaux, plus ou moins utiles, en tout cas très sympathiques. Sauf les galets que l'on peut apercevoir ci dessus (non mais c'est parce que c'est Dom Juan ou Le festin de pierre, haha) qui font un peu superficiel. 

Je l'avoue : je suis partie à l'entracte. Mais que venait faire un entracte au cours d'une pièce comme Dom Juan ? Dom Juan c'est la fuite, la folie, l'enchaînement des évènements : on a pas le temps de respirer, on ne veut pas d'entracte normalement. Mais quand on ralentie la mise en scène au point que la pièce dure trois heures... Alors l'entracte était la preuve qu'il fallait que je parte. Vite. 

Comme je voudrais vous parler aussi de pièces que j'ai aimé, j'essaierai de faire un article sur Démocratie, en ce moment au théâtre 14 (c'est très très bien). Peut-être sur Six personnages en quête d'auteurs aussi, au théâtre de la Colline. Et puis il y avait Le roi se meurt avec Michel Bouquet au théâtre des nouveautés dont il faut que je vous parle parce que ça m'a impressionné. Bref, si un jour j'ai le temps de vous écrire, ô vous les trois personnes qui me lisez, je vous promet cette fois d'être enthousiaste. 

dimanche 7 octobre 2012

Vacances.




Pour l'instant, ce n'est rien d'extraordinaire. Pour l'instant, ce n'est qu'une somme de souvenirs au goût de sable. Pour l'instant, elle est sur viméo mais pour mes prochaines, ce sera sur youtube. 

Car oui il y en aura d'autres, beaucoup d'autres car bientôt je vais de nouveau être en possession d'un appareil (et d'un bon!) - je crois que je ne perdrai plus de temps pour réaliser tout ce qu'il y a dans ma tête et mes carnets, tout ce que j'ai eu la frustration de ne pas faire pendant des mois. Yes !

samedi 29 septembre 2012

Vous n'avez encore rien vu, Alain Resnais.

"Viens voir les comédiens..." chantonne la bande annonce, en faisant défiler les portraits animés des plus grands acteurs français, ou du moins une bonne poignée de grands, grands comédiens. Il était donc évident que j'allai claquer mon dernier argent de poche, sacrifier un paquet de cigarettes et un repas pour aller voir ce film. 

J'ai bien fait.

Comment vous dire... comment exprimer... je suis 12 heures après la projection et je trouve à peine les mots - imaginez mon état en sortant de la salle... En vérité j'avais alors tous les mots, l'exaltation et surtout, surtout cette phrase : " C'est ça que je veux faire ! " Une révélation, donc - encore une. 


Cela fait plusieurs semaines que je tente d'écrire ici et que je n'y arrive plus parce pas le temps, parce que trop de mots et plus assez de phrases... et je me trouve de nouveau face à cette difficulté - sauf que je veux vraiment écrire sur ce film. Alors je vais recopier ce que j'ai écrit hier soir en rentrant du cinéma, les yeux encore brillants et la tête encore pleine de rêves.

" Je sors du film Vous n'avez encore rien vu, d'Alain Resnais avec une myriade d'acteurs tous plus géniaux les uns que les autres : Mathieu Amalric, Pierre Arditi, Sabine Azema, Michel Piccoli et plusieurs autres... dans leurs propres rôles, mais aussi dans ceux d'Eurydice, d'Orphée, de Mathias l'amant malheureux, de la Mort, des parents... 

C'est la pièce, la vraie tragédie - mais avec tout ce que le cinéma peut offrir de plus. Avec une petite histoire par dessus ou par dessous, une histoire de "vraie" vie un peu farfelue mais très jolie... dans un château étrange. Avec des lieux imaginaires, les lieux de la pièce presque vides et rarement nets, comme un rêve et c'est un rêve.

J'ai ri. J'ai pleuré. J'ai jouis de cette histoire, de ce récit que nous racontent les acteurs - les acteurs... c'était comme au théâtre. Ils nous offraient le cadeau de cette pièce, de ce récit intemporel mais pas tant représenté... ça aurait été Antigone ou Hamlet, ça aurait raté. Mais non, ce fut Orphée et Eurydice et ce fut bien. 

Le seul bémol, sans doute, c'était la fin. Un peu trop longue, trop multiple surtout, comme si Resnais avait eu plusieurs idées et qu'il n'avait pu se résoudre à choisir. 

Mais à part ça tout est beau, mesuré... non, juste. Du beau théâtre... non, du bon théâtre et du beau cinéma. Merci. 

Je vais revoir ce film, en DVD. Je le reverrai encore et encore pour vivre, pour comprendre, pour jouir encore. Comme ce livre qu'on lit d'une traite et qu'on s'empresse de recommencer parce qu'on s'y est attaché, parce qu'il est devenu un ami et parce qu'on sait que plus on le connaîtra, plus on l'aimera.

Voilà, merci encore. "

N'allez pas voir les extraits. Ne regardez que la bande annonce. Et allez-y, allez voir ce film et je jure que vous ne le regretterez pas.



jeudi 23 août 2012

La télévision.

Pendant les vacances, j'ai eu la télévision... et j'ai écouté funradio. Il m'a semblé alors (pardon) que j'étais incroyablement intelligente... mais surtout qu'on nous prenait pour des cons. La plupart du temps. Alors je vais m'insurger sur deux ou trois émissions qui m'ont consternée... 

LE JT DE 20H

Je vais faire de la pub et passer pour une intello, mais je suis habituée à France Inter et Le Monde pour savoir ce qu'il se passe dans le monde. Eloignée de ces repères scolaires, je m'installe devant le poste, impatiente de savoir ce qu'il se passe. Après avoir passé cinq longues minutes sur la rencontre Hollande-Merkel, j'apprends rapidement que la guerre continue en Syrie. Rapidement, mais avec quelques images bien choquantes, bien crues, histoire qu'on imprime bien. Mais évidemment, aucune explication sur le déroulement politique du conflit, sur l'évolution de la situation... S'ensuit une interview d'un homme frappé par des salafistes (où on se dit simplement et comme malgré soi que les musulmans -pas seulement les extremistes- sont intolérants et violents). Et enfin, un entretien de trois minutes avec une actrice pour la promo du dernier film à la mode. 

Bon, on ne peut pas demander à un JT ce qu'on demande à France Culture, mais... la manipulation par l'image est tellement plus facile que par la lecture ou par l'écoute, et je n'ai pu m'empêcher d'être affligée par la simplification des informations que l'on nous transmet... " Il ne faut pas prendre les gens pour des cons, mais ne pas oublier qu'ils le sont ! " semble être la devise du journal télévisé. Pourtant je ne veux pas être cynique, et croire que les gens (espèce variée et pourtant parfois indifférente) seraient capables de comprendre tout ce qu'il se passe économiquement, politiquement et artistiquement dans ce monde si on prenait la peine de leur expliquer vraiment, et ce sans pour autant leur brandir des images choquantes, avec des zooms sur les blessures des civils d'Alep... 

LA PETITE EMISSION AVANT LE TELEFILM DU SOIR

"En famille", "Les voisins"... nouvelles petites séries sur le modèle de "Scènes de ménage" mais qui ne sont vraiment pas du même niveau, comme toutes les imitations. Aujourd'hui, j'ai vu un épisode où la fille, Chloé, fait croire à sa mère qu'elle est lesbienne afin d'obtenir un week-end au camping avec son amoureux. Stratagème pour le moins amusant, c'est la réaction de la mère qui m'a agacée... celle-ci, pensant sa fille homosexuelle, s'est mis à avoir les larmes aux yeux, bredouillant (je vous jure) : " Tu choisis le chemin que tu veux, l'autoroute ou le petit sentier... qui mène droit dans le mur... "
Mais l'épisode se termine bien, Chloé fait sa demande de camping et la mère, soulagée, accepte tout. 

Alors... je veux bien que ces petites imitations d'un buzz possèdent un humour modéré, composé de blagues faciles et de gros clichés... mais là, quand même, c'est ne pas aider la mentalité à évoluer. C'est ce que je reproche à la télévision, toujours en retard, toujours ancrée dans ses petits mécanismes... 

Oh, et puis autres SECRET STORY, LES ANGES DE LA TELEREALITE... où la connerie (pardon) est en fait un facteur rassurant : n'importe qui se sent intelligent quand une fille annonce avec le plus grand sérieux face à la caméra : " Je l'ai envoyé bouler comme un poids chiche. "

Qu'on se comprenne bien : je sais que la tv, c'est la culture populaire et que la culture populaire, ce n'est pas une émission de deux heures sur la vision politique de Clemenceau au début du XXe siècle... mais je sais que c'est possible d'apprendre, d'apprendre réellement des choses aux gens par la télévision. 

KAAMELOTT

J'y reviens encore et toujours, mais ce n'est pas pour rien ! Astier a réussi à imposer à M6 (quand même !) une série à l'humour décapant basé sur les jeux de mots et les expériences quotidiennes des gens, certes pas autour d'une table ronde mais autour d'une longue table de réunion ou encore derrière un bureau. Kaamelott, c'est aussi une interrogation sur la vie, particulièrement les dernières saisons : l'histoire d'un mec qui se retrouve, sans rien avoir demandé à personne, affublé d'une mission, d'un destin, d'une vie qu'il essaye de mener à bien autant que possible. Et qui échoue... révélant ainsi les angoisses chroniques présentes en chacun de nous. Preuve donc que la télé, la télé populaire (pas Arte) est capable de grandes choses ! 



J'IRAI DORMIR CHEZ VOUS, DES TRAINS PAS COMME LES AUTRES, NUS ET CULOTTES...

Des émissions de voyage pas comme les autres, parce qu'elles donnent une image la plus réaliste possible du monde entier. Elles ont la volonté de montrer au spectateur la vérité, chose rare sur le petit écran. Elles y arrivent plus ou moins bien... mais nous apprenne des modes de vie, des cultures, des pays... là on cherche à faire évoluer les gens, à leur faire comprendre que d'autres pensées et manières de vivre existent, sans pour autant vouloir arriver chez nous et nous prendre tout notre travail ! 






La télévision, c'est peut-être finalement comme la fnac : le pire, le meilleur, mais certainement pas tout. Allez donc jeter une oreille à France Inter pour commencer, à Radio Classique pour continuer et même, oui même à France Culture. Mais attention, un petit NCIS de temps en temps, et même un Plus Belle La Vie... pour remonter l'estime de soi et détendre le cerveau, c'est toujours très efficace. Et on va pas non plus culpabiliser de pouvoir se poser dans un canapé et ne penser à rien pendant quelques heures !

mardi 31 juillet 2012

Holy Motors




Ce film là, je l'attendais. Pour comprendre pourquoi il n'avait rien obtenu à Cannes, car il me semblait que tout, dans ce film, était fait pour ce festival.  Et puis, avec mon obsession de l'image parfaite, si parfaite qu'elle évince l'histoire, que le scénario n'a plus vraiment d'importance, il me semblait que j'allai être servie avec Holy Motors. Et effectivement. 

En fait, il y a une histoire. M. Oscar est quelqu'un qui se déguise pour le compte d'une agence. Il entre dans sa limousine blanche, lit le dossier qui lui est confié, se déguise en conséquence et sort jouer son rôle pendant quelques heures. Puis il retourne dans la limousine, et se déguise pour le dossier suivant... et ainsi de suite sans fin, jamais. 

Selon certains de mes amis qui ont vu ce film avec moi, le rôle de M. Oscar (et de ses collègues, car il est loin d'être seul) est d'apporter de l'absurdité au monde. Pour moi, je n'ai pas cherché de raison à ce métier. Je me suis tout d'abord dis que ce film parlait des acteurs, du métier d'acteur. Un acteur joue en permanence un autre rôle et n'est jamais lui-même. Et à l'instar de la vie tragique de M. Oscar, la vie d'acteur m'a alors semblé désespérée et vide de sens. 
Mais après, l'évidence est apparue... c'est notre vie qui peut être vide de sens. Ne jouons-nous pas nous-même un rôle ? Et ne pouvons-nous pas être joué ? Il suffirait de connaître notre passé et nos proches... et n'importe qui pourrait nous remplacer. 

Revenons au film. Outre le message (pour moi) extrêmement pessimiste qu'il transmet, il est habité d'une très jolie poésie, d'un bon et fin sens de l'humour, de grands moments de joie aussi, et surtout de personnages fabuleux. Fabuleux de fables (j'ai toujours trouvé ce genre de jeux de mot pédant à l'écrit). L'utilisation de la musique et surtout du silence est excellente, et l'esthétique, bien que pour moi pas assez poussée, est sombre et étrange. 

Deux petits bémols cependant : Kylie Minog a un jeu plat et décevant ; les dialogues sont un peu prévisibles. 

Je ne sais toujours pas pourquoi Holy Motors n'a rien obtenu à Cannes. 

Ce film est cependant à voir, vraiment. Vraiment. 

mardi 17 juillet 2012

La pensée, en constante évolution, peu produire les pires énormités, ou de très bonnes réflexions.

Il me semble qu'il est beaucoup plus facile de savoir pourquoi on fait de la musique, et pourquoi on veut en faire, que pourquoi on veut faire du cinéma et du théâtre. Il faut dire que j'ai une pratique musicale plus importante... et finalement ce n'est peut-être qu'au bout d'un certain nombre d'année qu'on comprend pourquoi on a des passions.

Oui, et peut-être que c'est ce qui définit le mieux la passion. Ne dit-on pas de l'amour qu'il a ses raisons que la raison ne connaît pas ? Eh bien, j'aime le théâtre et le cinéma pour des raisons inconnue de la raison. La raison, par ailleurs, n'a rien à voir la dedans. La raison c'est ce qu'on donne à l'extérieur, pour faire semblant, pour faire comme si on maîtrisait ses rêves et ses envies.

Pourquoi voudrait-on faire du cinéma ? Ce n'est pas comme la peinture, la sculpture, l'écriture - autant de moyens d'expressions, d'extérioriser tout ce qui est à l'intérieur de nous et qui bouillonne. Mais le théâtre et le cinéma, c'est pas tout seul. On travaille avec des gens. On travaille oui, au meilleur sens du terme. Mais on se valorise aussi. Le cinéma est un art à la mode - dire "je fais du cinéma", aujourd'hui, est bien plus valorisant que "je suis écrivain" ou "je fais du théâtre". C'est fini ça, c'est passé, on a déjà tout vu et revu. Je persiste et signerai toujours : non, on a pas tout vu. Si l'écriture est en passe de ne devenir qu'une bouillie commerciale (en Europe du moins), le théâtre a encore, et pour toujours, énormément de choses à nous dire. Et le cinéma, j'en parle pas. Le cinéma c'est merveilleux parce que ça peut tout être, dans les extrêmes les plus délirants. Et en même temps c'est l'un des arts les plus contraignants au niveau du fric. 

Quand j'entends Alexandre Astier dire qu'il "ne parle pas boulot en dehors du boulot", ça me choque. Si je faisais du cinéma, je ne pourrai penser à rien d'autre ou presque. Ce ne serait pas une contrainte, ça serait la recherche permanente, effrayante, de ce qui va toucher, ébranler, faire changer des gens. Les gens, en voilà une drôle d'espèce... tantôt je l'aime, tantôt je la hais, cette masse de congénères, cette masse d'individuels. Qu'ils m'intriguent... qu'ils me fascinent... et comme j'aimerai leur montrer, à ceux qui disent qu'ils "ne sont pas artistes" avec un haussement d'épaule déçu (je la vois leur honte, ils ont honte de n'avoir pas su sentir, de n'avoir pas su voir, alors que tout le monde peu) - j'aimerai leur montrer ce que moi je vois, ce que d'autres ont vu, et j'aimerai qu'ils comprennent. 

samedi 14 juillet 2012

" Ainsi donc les avalanches se font quelquefois au moyen d'un caillou gros comme le bout du doigt."


Ce que j'adore, c'est que plus j'avance dans l'art (noble voie), plus j'ai de révélations. Ca fait maintenant deux ans que les électrochocs se succèdent, parfois avec quelques mois d'intervalles, parfois seulement une semaine, parfois quelques heures ! Lire Peter Brook  puis voir Lorenzaccio... mise en scène de la Comédie Française par Franco Zeffirelli. Avec, ô révélation doucereuse et fantastique, Francis Huster dans le rôle le plus incompréhensible (avec Don Juan) du théâtre français. Je dis incompréhensible parce que cette pièce fait partie du lot "à voir avant de lire mais à connaître avant de voir". Parce que cette pièce est complexe, riche, et que cette mise en scène (malgré quelques côtés un peu vieillots) met parfaitement en valeur tous les aspects de cet incroyable récit. D'autres en parlerons mieux que moi, et j'attendrai mon niveau bac+5 (et encore) pour analyser vraiment.




En fait je voulais parler des révélations. Chacune d'elle aboutit à l'ajout d'un maître, ou d'une direction. Il y a les vieux maîtres, ceux qui datent de l'enfance et sont simplement un héritage. Et puis il y a les nouveaux. Qui peuvent rester longtemps ou n'être qu'une passade. Sfar (on l'aura compris) est un maître. Comme Astier, comme Anderson, comme Baudelaire et comme Cyrano (celui qui est imaginaire). En revanche, Gainsbourg n'est pas un maître. C'est un frère imaginaire, un double, un diable, l'amour, l'orgueil et l'angoisse. 

Alors que Sfar c'est vraiment une personne qui m'en apprend chaque jour un peu plus. Brook est en passe d'en devenir un aussi, même si je ne connais encore pas bien son travail - quand je le lis en tout cas, j'ai l'impression que ma pensée s'accélère, que mon point de vue sur le théâtre évolue deux fois plus vite. C'est fantastique, c'est comme quand on est enfant, qu'on se demande comment fonctionne l'univers. Un jour on ouvre Le monde de Sophie et en un bouquin, notre pensée a poursuivit deux mille ans de réflexions. 

Finalement j'arrive pas à écrire sur les révélations. Y a peut-être pas tellement de choses à dire (on m'a appris qu'il ne fallait pas écrire "dire"), à part que c'est merveilleux. Qu'il m'en reste encore tellement à ressentir. Oui, tout ce qu'on pourrait écrire à propos des révélations, c'est à quel point c'est fantastique, cette sensation de choc, d'émotion profonde. L'envie qu'on a d'en parler à tout le monde, de leur crier " Mais regardez comme c'est formidable !" Et puis finalement le désir jaloux de la garder pour soi, de l'afficher dans son cerveau à côté des autres, et de pouvoir, bien tranquillement, quand on a rien d'autre à faire que penser, la regarder, la contempler, cette révélation qui nous a tant apporté. 

Et comme je ne manque pas d'orgueil, j'espère un jour provoquer des révélations. Ca serait chouette, super chouette. 

Mais en écrivant d'aussi gros pâtés désordonnés, je sais pas si ça va être possible. 


dimanche 8 juillet 2012

Un fil à la patte.

Hier soir, enfin ! Je me rendais au théâtre éphémère de la Comédie Française pour y voir le fameux vaudeville de Feydeau, dont j'avais tellement entendu parlé, notamment au Masque et la Plume où, quand ils s'y mettent, les critiques ne tarissent plus d'éloge pour la pièce, celle qu'ils ont élu "meilleure de l'année". 

J'adore le théâtre éphémère, j'adore la Comédie Française et ses comédiens, par contre Feydeau, j'adore moins. Alors voilà, c'était drôle, pleins de rebondissements, avec un jeu excellent - on était au théâtre, au "vrai" théâtre, celui de l'imaginaire collectif (je viens d'associer vrai et imaginaire et ainsi de nombreuses et stupides réflexions philosophiques viennent peupler mon esprit). C'est pourquoi j'ai eu l'impression que cette pièce aurait pu être jouée à l'identique ou presque il y a soixante-dix-ans. Et ça m'a déçue. 

Aujourd'hui le théâtre, même à la Comédie Française et peut-être surtout à la Comédie Française, pourrait se permettre d'aller chercher un peu plus loin. Pour Amphitryon, par exemple, sans aller dans l'expérimentation, le metteur en scène Jacques Vincey s'est amusé avec un décor machiné moderne et des costumes extravagants qui renouvelaient la pièce.


Mais dans Un fil à la patte, les costumes et les décors sont d'époque (oui, enfin presque). Le rideau s'ouvre, se ferme entre chaque acte. Les gags se suivent et se ressemblent. A un seul moment, et par le seul comédien (dont je deviens fan, il est aussi magnifique dans Amphitryon : Christian Hecq, le clerc ci-dessus et récompensé d'un Molière pour son rôle dans cette pièce) ayant ajouté du grotesque et du drôle à son personnage, le théâtre est mis en abîme, et la scène se retrouve brusquement en contact avec le public. Mais c'est tout ! Et ça m'a déçue. 


Peut-être que j'en demande beaucoup, mais il me semble qu'aujourd'hui on peut faire bien plus et bien mieux au théâtre, après toutes ces années. Quand je lis Peter Brook et puis que je regarde cette pièce, j'ai l'impression que rien a été fait. En forçant un peu le trait, c'est comme lire du Camus et du Sartre... et puis lire un Marc Levy : on se dit que tout ça n'a servi à rien.

Peut-être aussi que je ne vais pas au bon endroit pour ce que je recherche. Et puis, le divertissement n'est-il pas aussi une mission du théâtre et du roman ? Sans doute; je crois cependant qu'il n'y a pas que cela, et que si on croit au théâtre, on ne peut pas se contenter du vaudeville respecté à la lettre. 

Ca ne m'empêchera pas de retourner dans les salles de la Comédie Française à la rentrée car pour rien au monde je ne manquerai Antigone, Dom Juan et surtout, surtout, Cyrano de Bergerac.

samedi 30 juin 2012

Tournage #3

Troisième journée de tournage, après plusieurs mois de suspension et de frustration. Mais enfin, nous arrivons à nous procurer une caméra, un costume, du temps. Encore une fois, j'ai du faire l'actrice, et encore une fois je me suis dit que diriger, être derrière la caméra, c'était bien mieux.

Tout d'abord parce que c'est plus rassurant. Mon amie, lorsque nous tournions la scène, savait si on allait devoir la refaire, si l'atmosphère et mon jeu convenait. Elle avait le film devant elle, elle observait, comprenait, contrôlait. 
Mais moi... perdue devant l'objectif, ne sachant que faire. Ou plutôt si, bien sûr, je savais exactement où je devais marcher, à quelle vitesse. Cependant je ne pouvais pas savoir si c'était bien, je ne pouvais pas comprendre et encore moins contrôler la scène. J'ignorais si on allait devoir la refaire ou pas. J'ai senti un vide - le même que l'on ressent parfois au théâtre mais en beaucoup plus angoissant parce que le public est là pour nous dire si oui ou non, on est bon. Cette fois je ne pouvais même pas regarder la seule qui pouvait me dire si c'était bien ou pas. 

Peut-être que c'est une grande partie de la profession d'acteur : être dans le vide, devant le vide. Et avec tout ce vide, se concentrer au maximum pour créer une atmosphère, une histoire, une émotion. Peut-être que c'est ça. 

Dans ce cas je ne suis pas bonne actrice, et je vais dès que possible me retrancher derrière mon papier, on ordi ou ma caméra. Là il n'y a pas de vide, seulement de la place pour déverser tout ce qu'on a à l'intérieur de soi. 



Parfois je me fais pitié parce que j'écris toutes ces grandes phrases qui au final ne forment que quatre tout minuscules paragraphes; parce que j'essaye de construire une réflexion à partir d'expériences infimes; parce que j'utilise un peu trop le rythme ternaire afin de faire comme si je savais écrire. 

dimanche 24 juin 2012

Le grand soir.


Delépine et Kervern, on l'avait vu avec Mammuth , sont des réalisateurs à part, en dehors, inclassables... et donc excellents. Le grand soir, alors, j'y allais avec enthousiasme. 

Pas le cas de tout le monde dans la salle, en particulier deux mecs qui ne savaient pas pourquoi ils étaient là, qui étaient entrés comme ça - c'est sûr, les pauvres, ils ont pas dû comprendre ce qui leur arrivait. Si on veut voir un film de Delépine et Kervern, faut être prévenu. Il faut savoir qu'ils ont faire Groland (monde à part également); d'un autre côté un film avec Brigitte Fontaine dedans... à quoi peut-on s'attendre sinon à quelque chose... d'en dehors ? 

Ce n'est finalement pas autrement que j'arrive à définir ce film. Ais-je aimé ou non ? Il y avait certes quelques longueurs : on reste comme les personnages immobiles, presque enfermés dans cette zone commerciale où les deux personnages reviennent sans arrêt. Mais "c'est bien plus beau lorsque c'est inutile", pas vrai ? 
En parlant de beau, on est gâté. Ce film est bourré de chouettes idées de plan, à l'humour noir bien grinçant, mais aussi à la poésie fantastique de ces deux bonhommes. Je voudrais évoquer en particulier les caméras de sécurité du Carrefour - les nombreux plans tournés ainsi sont juste géniaux. 

Je n'ai pas encore parlé des acteurs, et comment ne peut-on pas en parler ? Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel sont deux hommes que j'admire un peu plus à chaque nouveau film, à chaque année qui passe. Ils sont géniaux, ils s'amusent, ils décollent de la réalité en douceur (et on aimerait faire de même, mais finalement on y parvient pas, c'est un peu dommage) et restent loin, dans la "liberté punk". Brigitte Fontaine que j'ai évoqué est... elle est... elle est folle, de cette folie douce qui fait penser au premier abord que jamais on approcherait une telle personne... mais qui finit par nous donner envie au contraire de la connaître (peut-être afin de comprendre ce qu'il se passe dans cet esprit, comme elle le chante dans le film, "inadapté"). Qui reste-t-il ? Le père, les Wampas (dans leur propre rôle), le chien, Depardieu et Miss Ming... on comprend, lorsqu'ils apparaissent, pourquoi ils sont là, ce qu'ils apportent au film... Bref, ils sont utiles et après tout, c'est ce qu'on demande aux acteurs. 

Alors, faut-il voir ce film ? Bien sûr, mais comme je l'ai dit, il faut être prévenu. Connaître un peu l'univers de ces deux hommes. Après, uniquement personnellement dans mon intérieur profond, c'est presque exactement le genre de cinéma que j'aimerais faire. 

dimanche 17 juin 2012

Lettre.

(Alors je sais, je crée des nouvelles catégories tout le temps. Mais bon, c'est un peu ça la vie : on crée des catégories, des nouvelles passions, des tournages de pages blabla... bon et puis en fait on continue pas.)


Cher Monsieur Renaud Séchan,

Combien sommes-nous à vous écrire comme ça ? Peut-être que nous sommes peu. Je veux dire, sur du papier. Mais en tout cas, nous sommes beaucoup, beaucoup à vous écrire dans nos têtes. Je le fait depuis mes 5 ans, et je le fait encore, la preuve. 
Vous savez ce que c'est : on aime une personne, et les sentiments sont tellement divers que quand on y pense, ça sonne comme une évidence : bien sûr qu'on vous aime, comment ne pourrait-on pas vous aimer ? Alors on se dit, cette admiration, cet amour est tellement fort, pourquoi ne pas l'écrire ? Et là, c'est le drame : plus rien ne sort, c'est le vide, la panique et l'angoisse de la feuille blanche. Si je pouvais apprendre par coeur mes sentiments et faire comme au bac : sujet, RENAUD ET VOUS. Et hop, je me pencherai pendant quatre heures et ma plume gratterai avec folie, sans s'arrêter. 

J'ai déjà écris un paragraphe. J'espère que vous lisez. Bon bien sûr, celle-ci c'est comme les autres, je vous l'enverrai pas. Où d'ailleurs ? A la Closerie ? J'espère que vous n'y allez plus, si je l'apprend par Closer je viens vous voir et je vous engueule. A ce qu'il parait vous allez mieux. J'espère parce que vous manquez à la moitié de la France. 

Qu'est-ce que je pourrai vous écrire, finalement ? Que vous êtes la voix de mon enfance ? Que quand je vous écoute c'est mon Papa, c'est mon premier concert, c'est le droit de dire des gros mots ("parce que c'est dans une chanson") ? Est-ce que ça vous intéresse finalement ? Qu'est-ce que vous pourriez répondre ? Y a une chanson de Souchon qui parle de ça... 

Je vous demande finalement pas de répondre. Je vous demande de vivre. D'être heureux. Et de jamais arrêter d'écrire, s'il vous plaît. Votre voix elle est belle même cassée, même brisée, même fumée. 

N'oubliez pas qu'on vous aime,

Romane  G.

vendredi 15 juin 2012

La frustration du jour.

Pourquoi je sais pas dessiner ? Si je savais dessiner, je pourrai mettre sur le papier tout ce que j'ai dans la tête. Et je pourrai rendre tellement de gens heureux (ou malheureux), bien plus qu'en écrivant. Les gens lisent plus, ça prend du temps et puis c'est fatiguant. Si je savais dessiner, je pourrai leur montrer des jolies choses... comme cette petite fille qui, l'autre jour, a loupé trois arrêts de bus rien que pour avoir une coccinelle égarée dans sa main. Ensuite, prudemment, elle est descendue. Elle l'a laissé s'envoler et puis elle a souri. J'aurai pu dessiner ça.
Et puis, j'aurai pu dessiner la mort de mon chat. Au moins ça resterait pas dans ma tête, comme ça. Je pourrais dessiner le monde tel que je le voie.

La photo c'est pas pareil, les films c'est pas pareil. Là c'est de la construction, de la fiction. Bien sûr on attrape l'instant mais dans ces cas-là c'est beaucoup trop neutre. Moi je voudrais que les gens voit certaines choses à travers mes yeux, pour qu'ils se rendent compte à quel point c'est beau, laid ou drôle. Sempé il avait réussi ça. Joann Sfar aussi. 

Sfar y a pleins de choses je sens que je suis pas d'accord avec lui. Dans l'esprit, je me sens beaucoup plus proche de Larcenet. Mais Sfar c'est le premier maître. J'lui ai écrit ça, mais il m'a répondu merci et il s'est pas rendu compte. Ils se rendent pas compte ce qu'ils changent en nous. Vous voyez, quand on dessine, on fait des impressions très fortes sur les gens. 

Moi j'écris et je raconte. J'ai bien choisi mon époque, tiens. 

mercredi 6 juin 2012

Ici la nuit.




Au milieu de la débauche noire, des courtisanes enveloppées de draps pourpres, mes pas de velours se glissent et l'admiration surpasse le dégoût. Les coupes d'or sont renversées, les têtes aussi, dans le sommeil  gourd de l'alcool. Rimbaud et Verlaine sont là; au dessus du bassin d'absinthe leurs visages sont effrayants. Ce qui peuple leurs esprits se reflète dans le liquide vert : fantômes, esprits, regrets mortels et autres chimères à mille têtes, à mille couronnes de feu et de sang. Ils sont loin de tout, ici tout est loin de tout, ici... 

Ici la nuit, la nuit noire des crises d'angoisse et du passé imaginaire. 

dimanche 3 juin 2012

De rouille et d'os.


Alors. Nous sommes 24h après, très exactement. A chaud, j'étais incapable d'expliquer si j'avais aimé ou pas ce film - c'était la première fois que je voyais un Audiard, peut-être que je n'étais pas préparée. Peut-être que j'ai été la seule, dans la salle, a être surprise par l'extrême violence de certains passages. 
La violence, omniprésente et... très belle. Le mélodrame, présent mais... masqué par une mise en scène formidable. Bon, je laisse de côté les phrases énigmatiques et vais tenter de savoir si j'ai aimé ce film, et si je le conseille. 

L'histoire. Pas banale, mais qui pourrait correspondre à un scénario américain. Je ne crois pas qu'elle soit l'essentiel du film. 
Autre chose, alors. Les personnages... oui, les personnages sont bien. Marion Cotillard ne m'a pas convaincue, je la voyais toujours derrière le personnage - on se dit "qu'est-ce qu'elle joue bien" mais ça, on n'est censé ne le penser qu'après. Par contre Matthias Schoenaerts très bon, très très bon - peut-être que j'ai été aidée par le fait que je ne le connaissais pas - en tout cas, je l'ai trouvé très bien. Oui, les personnages, tous les personnages sont intéressants, bouleversants. La soeur, le fils, le "patron" des combats de rue du héros... ils m'ont tous emportés (même Marion, allez, à quelques moments).
Et puis la mise en scène, ah ! La mise en scène et l'image sont excellentes, je pense qu'elles portent vraiment le film. Chaque instant ou presque est beau - j'en ai tellement en tête, ça serait trop long à raconter. 

Bon, donc ce film est à voir, oui. Mais attention ! Il faut savoir qu'on va souffrir - ce n'est pas un film de détente. Il faut savoir qu'un quart d'heure environ avant la fin se passe un évènement totalement inattendu, et au cours duquel j'ai pleuré d'une angoisse incontrôlable (bon en même temps, je pleure devant Dr House). 
Il faut savoir tout ça, et se lancer comme lorsqu'on se décide à faire un trois fois 500 m : la concentration est totale, la souffrance pointe, mais on lâche rien. On en ressort bouleversé pour plusieurs heures, et on ne regrette rien.

Moonrise Kingdom.


Le speech laisse à désirer, et en le lisant rapidement parmi d'autres, l'idée ne m'est même pas venu que je pourrais aller voir ce film. Une semaine plus tard, dans Le Monde magazine (que j'avais pris pour La Route, que je n'ai quant à lui toujours pas vu), je tombe sur une interview de Wes Anderson. Comme un inculte, je me rends compte que c'est lui qui a fait Fantastic Mr Fox. Cumulant ainsi tous les clichés du mauvais spectateur, je me rends au cinéma afin de voir Moonrise Kingdom, pour son auteur et non pour son histoire.

Bien m'en a pris ! J'ai ri, j'ai souri, j'ai pu apprécier des personnages interprétés par des acteurs américains que l'on redécouvre (en particulier Bruce Willis, ce type peut décidément tout faire), bref : c'est un très bon film.
Les images aussi... moi, la fétichiste de l'image au cinéma, j'ai été gâtée. Anderson possède un univers très particulier, jaune et doux, on croirait des photographies vintage, presque... oui, presque des peintures de Hopper.

Et puis, le scénario est tout à fait amusant. Comme dans Mr Fox, des stratagèmes, des histoires d'amour qui marchent plus ou moins bien, de l'amitié aussi - et parfois j'ai pensé aux Enfants de Timpelbach (le livre, pas le film). La musique enfin - mélancolique, légère et correspondant parfaitement à l'univers des années soixante, sur une petite île perdue, de ce film joli, joyeux, amoureux.

mardi 29 mai 2012

Le matin c'est mieux que le soir.




" Oh ma coquine, ma divine,
A l'aube tu enfiles ton costume
De rossignol de Chine,
Et le soleil se lève pour t'adorer.
Oh, après le câlin du matin
Je te donne ton lait de lionne,
Puis je ferai les poux
De ta crinière comme personne. "


Arthur H.


vendredi 25 mai 2012

Les gestes #1

Bus, Fatigue. Et un peu vexée de ne pas être à ma place habituelle. Les autres gens ont le même air que moi. On pense tous à notre journée, à notre passé. Je regarde le soleil se lever. Feu rouge. Un taxi s'avance au niveau de ma fenêtre. Un enfant à l'arrière, huit ans peut-être, seul - pourquoi ? Il cherche les regards des passagers du car, mais personne ne le voit. Et puis il y a moi. 
Nos regards se croisent et nous sommes comme deux âmes en peine, flottant au gré du reste du monde, qui soudain s'accrochent, se saluent sans se connaître. Son sourire est immense, un sourire d'enfant, mon sourire d'avant. Et je lui répond, et fait un signe. La lumière est dorée, nos cernes sont bleus, nos dents son blanches. Rien d'humain, rien de chaleureux, sauf nos joues, nos lèvres, et nos yeux. 








"Les gestes" sera une série qui raconte tout ce que je voudrais filmer ou prendre en photo, ou dessiner sur le moment, et que le manque de moyen (physique et matériel) m'empêche de faire. 

samedi 19 mai 2012

Chloé, Alise, Chick et les autres...

" - Tu me trouves jolie ? 
Chloé se mirait dans l'eau du bassin d'argent sablé où s'ébattait, sans gêne, le poisson rouge. Sur son épaule, la souris à moustaches noires se frottait le nez avec ses pattes et regardait les reflets changeants.
Chloé avait passé ses bas, fins comme une fumée d'encens, de la couleur de sa peau blonde et ses souliers hauts de cuir blanc. Pour tout le reste, elle était nue, sauf un lourd bracelet d'or bleu qui faisait paraître encore plus fragile son poignet délicat. "

L'écume des jours, Boris Vian.


samedi 12 mai 2012

Le temps passe.

Rester flottante, attendre... faire du mal aux gens qui passent, un peu, histoire de voir s'ils tiennent vraiment à vous.C'est un comportement pour le moins étrange, mais on l'a constaté universel et intemporel, alors je m'inquiète moins. Quand vous êtes trop bons, personnes ne vous remarque et c'est beaucoup moins drôle. 

Rester flottante, attendre... respirer l'air du soleil, écouter Alexandre Tharaud égrener des accords lourds de sens. On sent Bach à travers Marcello. 

Rester flottante, attendre... attendre d'être à demain. 




mercredi 9 mai 2012

Un coup de foudre au coeur.

L'expression peut être considérée comme amusante par son détournement, ou stupide. Quoi qu'il en soit, elle représente pleinement ce que j'ai ressenti pour cette bande dessinée, il y a maintenant sept heures (comme le temps passe vite en une journée !). Mais laissez-moi vous raconter.



Comme tous les mercredis après-midi, entre deux cours, je consacre une heure à la BD dans la bibliothèque de mon lycée. Il est rare que je ne trouve pas mon bonheur, car mon manque de culture en ce domaine m'entraîne dans une soif insatiable de découverte. Cette bande-dessinée, j'en avais entendu parler (à croire que j'entend parler de tout, ma parole) avec moult compliments, notamment de la fameuse Pénélope Bagieu aux goûts depuis longtemps classés comme "à suivre" dans mon cerveau. Polina, l'histoire en noir et blanc d'une danseuse, de 6 à 26 ans environ - son parcours, son histoire, son talent.

Ce qui m'a captivé chez Polina, c'est l'identification qui est possible avec elle. Pourtant son destin est on ne peut plus atypique, et puis c'est une fiction. Mais je me suis retrouvée dans les difficultés qu'elle éprouve (et qui m'ont rappelée celles de mes amies danseuses, véritables héroïnes à mes yeux), dans ses choix artistiques avec le problème de la fidélité au professeur de qui on a tant appris confrontée à la volonté de découvrir, à l'influence de ceux qui veulent vous entraîner avec eux pour être rassurés. Dans la jalousie et la malchance, lorsque Polina, blessée à la cheville, se voit remplacée dans un duo magnifique avec son petit ami.

Parce que Polina c'est aussi l'histoire d'une jeune fille puis jeune femme, avec les joies de l'adolescence, la vie en couple, les déceptions. Mais c'est enfin et avant tout un très très beau livre sur la danse classique et contemporaine, sur le but de celle-ci, sur la difficulté de son enseignement, sur les rivalités entre maîtres qui se retrouve en musique, en théâtre et peut-être même aussi en entreprise. La danse elle-même y est dessinée de façon légère, précise et envoûtante. On les voit danser, tout simplement.

Je suis restée captivée. A regret j'ai dû laisser l'histoire de côté, mais une heure plus tard j'étais revenue dans les rayons afin de finir cette bande dessinée formidable. Je vais désormais me tenir au courant de Bastien Vivès, et lire ses oeuvres précédentes. Merci à lui, en tout cas, pour ce moment si agréable. 



lundi 7 mai 2012

Travailler un rôle.

Il ne s'agit que d'une petite chose, un petit rôle dans une petite pièce montée par des petits lycéens - peu importe. Cette heure et demi par semaine, c'est la faille, la brèche qui me ramène à l'enfance, à ce qui constitue mon point de départ, mon essence, ma naissance. 
Travailler, donc. Un rôle. Devenir quelqu'un d'autre : changer de sexe, de langage, de figure et de nature. Et pour cela, utiliser tout ce qu'on a en soi qui peut se rapprocher de ces éléments, car on ne peut jouer (malheureusement ?) sans montrer un peu de son intérieur. Alors je travaille. Et je deviens homme, je deviens le malheur, le désespoir quotidien et l'exaspération. Je deviens "négatif", puis "antipathique et détestable". Ca doit être drôle cependant, ô difficulté... Eternel débat, est-ce plus difficile de faire rire ou pleurer ? 

Quel est le but de ce personnage ? C'est un simple reflet, un personnage dans le personnage, et qui sert le héros. Héros en face, désespérément joué par une autre entité, un autre humain qui n'obéit pas à ma volonté, qui échappe à tout contrôle ! Réponds-moi ! Regarde, je te fais un signe, réagis, embraye ! Non, il part sur autre chose, je le suis, mais comme une imbécile je tiens à mon idée, tiens je te la remets devant les yeux, allez ! 

Rien à faire. Ainsi va le théâtre (ce mot si majestueux, j'ai honte de l'utiliser), on se bat entre ses désirs et ceux des autres. Ainsi va l'écriture avec son éditeur, ainsi va le cinéma, ainsi va la musique (la musique, oui, plus que tout le reste), ainsi va la vie ? 

Godness, quelle difficulté alors. Quel défi. Quel bonheur. 





P.S (qui n'a rien à voir, ou pas) : allez écouter ça, émission du reste à écouter chaque semaine : http://www.franceinter.fr/emission-eclectik-alexandre-astier


samedi 5 mai 2012

Le Petit Prince.

Tu connais l'histoire du Petit Prince ? C'est sans doute l'une des plus belles qui soit. Le conte qui parle simplement de beauté, d'amour et d'amitié. Et moi quand je te vois, c'est ces trois... ces trois quoi, d'ailleurs ? Idées, idéaux, fantasmes, sentiments ? Ils sont si difficiles à définir, alors que c'est ce pourquoi chaque jour on se lève, chaque jour on espère, et qui font qu'une journée peut être belle. Beauté, amour, amitié, sont les seules raisons de rire ou de pleurer. Le reste n'a aucune importance.